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La
radioactivité fait partie de notre environnement. Sans elle, nous n’existerions
pas pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’énergie qui nous vient du soleil et
dont laquelle nous avons besoin est due à des réactions de fusion de protons au
cœur de celui-ci. La Terre serait sans la radioactivité complètement froide car
les désintégrations radioactives qui s’y produisent en fournissent la chaleur
interne. Dans la nature, la radioactivité vient principalement de radioéléments
déjà présents sur Terre qui donnent lieu à des rayonnements
« telluriques » mais aussi d’un bombardement incessant de particules
de haute énergie en provenance de l’espace. Les éléments radioactifs présents
sur Terre sont aussi à l’origine du radon qui remonte à la surface terrestre sous
forme de gaz et représente la plus grande partie des expositions à la
radioactivité. En fait ces éléments présents dans notre environnement sont
aussi venus de l’espace et font partie intégrante de la Terre depuis sa
création il y a plusieurs milliards d’années. Nous étudierons donc successivement dans cette
deuxième partie les différentes sources de radioactivité naturelle exposées
précédemment.
La radioactivité dans la nature
- Les expositons telluriques:
L’écorce
terrestre contient des éléments radioactifs qui sont loin d’avoir disparus du
fait de leur très longue durée de vie et font donc partie de notre
environnement. Les minerais contenant du thorium, de l’uranium et leurs
descendants, resté prisonniers dans la roche, sont donc radioactifs. Avec les
atomes issus de leur désintégration (cf. : partie décroissance de la
radioactivité), ces éléments sont responsables du rayonnement tellurique (des
roches). Il s’agit ici de rayonnements gamma qui sont émis et qui varient en
intensité en fonction des régions car les types de sols ne sont pas les mêmes.
Les émissions sont généralement faibles mais peuvent atteindre un taux quatre
fois plus élevé en Bretagne par exemple à cause du granite qui contient plus
d’éléments radioactifs. L’exposition naturelle peut atteindre dans certains
pays d’Asie des moyennes de 10 à 50 mSv contre 2,5 mSv en France.
Ce
rayonnement est
aussi fonction du type de construction dans lequel on vit : les
bâtiments
massifs dans lesquels nous habitons nous protègent des
rayonnements gamma mais,
paradoxalement, ils contiennent eux même des substances
radioactives ce qui
rend parfois la radioactivité plus importante à
l’intérieur qu’à l’extérieur.
Les constructions en bois ne sont pas radioactives mais elles ont un
effet
beaucoup moins important sur ces rayonnements.
En
France, le radon est responsable de 34% de l’exposition totale de
la population
à la radioactivité. Cette forte exposition au radon est
due au fait qu’il
s’agisse d’un gaz et qu’il passe donc plus facilement
dans l’atmosphère. Il
s’échappe principalement des sous-sol granitiques et
volcaniques ou de certains
matériaux de construction et est présent partout à
la surface de la terre. Pour
être précis, les effets nocifs sont surtout dus à
un descendant du radon, le
radon 222 qui est radioactif. Il s’agit du gaz le plus lourd qui
existe et qui
à ainsi tendance à s’accumuler dans des endroits
clos ou bas comme les fonds de
vallées, les trous dans le sol et les caves. Lorsqu’ils
sont inhalés, les
descendants du radon passent dans les poumons où ils irradient
par des
rayonnements les cellule sensibles comme celles des bronches.
C’est le risque
de cancer du poumon qui motive cette vigilance car il est responsable
de la
mort de 22 000 personnes par an. Bien sur ils sont principalement dus
au
tabagisme mais l’exposition au radon est un facteur aggravant de
la maladie.
Pour éviter d’être exposé à ce gaz
radioactif, il est nécessaire d’aérer les
maisons et d’améliorer
l’étanchéité des planchers et des murs.

Exposition au radon (en becquerels par m3 )
- Les rayonnements cosmiques :
Nous sommes
en permanence exposés sur la Terre à des particules de haute énergie ou
rayonnements cosmiques en provenance de l’espace. Ces rayons ont des origines
diverses : ils proviennent principalement du soleil ou de l’explosion
d’autres étoiles. En pénétrant dans
l’atmosphère, ils entrent en collision avec les noyaux de celle-ci et
produisent ainsi une « cascade » de particules secondaires. Certaines
de ces particules arrivent jusqu’à nous et des centaines traversent notre corps
à chaque seconde. L’atmosphère a un effet protecteur en atténuant les rayons
cosmiques qui nous parviennent : en fonction de l’altitude, on est plus ou
moins exposé, le taux de radiations pouvant être jusqu’à 100 fois supérieur à
8000 mètres qu’au niveau de la mer. Par exemple, un passager d’un vol
Londres-New York recevra une dose de 0,032 mSv équivalente à une radiographie
dentaire, ce qui n’est pas énorme mais qui est à surveiller pour le personnel
de bord et les voyageurs réguliers. Les habitants des régions montagneuses
comme l’Himalaya et les Andes sont exposé quatre fois plus que nous. Notons que ce sont ces rayonnements qui sont à l’origine des aurores
boréales aux pôles où le champ magnétique terrestre est mois efficace.
- La radioactivité du corps :
Il existe
un autre type de radioactivité naturelle : la radioactivité interne à
notre corps. Elle provient de notamment de notre alimentation : les
éléments radioactifs contenus dans les roches vus précédemment se retrouvent à
l’état de trace dans la végétation et l’eau. Ces éléments suivent la chaîne
alimentaire et passent donc dans les animaux. Ainsi nous les retrouvons dans
nos légumes, fruits et viandes. Toutefois, ces doses sont très minimes et on ne
sait pas si elles ont un véritable effet négatif, c’est pourquoi des
limitations sont apparues en vertu du principe de précaution.
Enfin, nous sommes nous mêmes radioactifs du fait de la
présence de carbone 14 et de potassium dans notre organisme.

Schéma récapitulatif des expositions
naturelles et technologiques à la radioactivité
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